Jeanne-Françoise de Biaudos de Castéja

Madame de La Lande

Sous gouvernante des enfants de France

nommée par Louis XIV en 1704 et par Louis XV en 1727

 

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Portrait de Jeanne-Françoise de Salomon de La lande

avec sa fille Françoise-Mélanie, future marquise d’Arsy

Huile sur toile de 1710 signée Jacques Héllart

 

Vous êtes bien heureux Monsieur de Castéja, vous avez à l’armée un fils dont tout le monde parle, et à la cour une fille charmante dont personne ne dit mot !

C’est ainsi que le roi Louis XIV complimenta un jour Fiacre de Biaudos, comte de Castéja, brigadier des armées du roi, lieutenant du roi à l’île de Ré, reçu commandeur de l’Ordre de Saint-Louis en 1693, d’une famille noble landaise. Le fils "dont tout le monde parle" est François-César, comte de Castéja, lieutenant du roi à Maubeuge et Philippeville en Wallonie. La "fille charmante" est Jeanne-Françoise, jeune fille qui quitta sa province pour faire sa vie à la Cour de Versailles, et qui fait l’objet de cette notice.

Jeanne Françoise de Biaudos de Castéja, fille de Fiacre de Biaudos, chevalier, seigneur de Castéja, alors capitaine au régiment d’Auvergne, et de Jeanne Françoise de Guillerme, fut baptisée dans l’église paroissiale de Villers-Tournelles [1] au diocèse d’Amiens, le 18 décembre 1672.

 

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Fiacre de Biaudos de Castéja,

père de Jeanne-Françoise et François-César

 

Bien qu’elle eut dépassé l’âge d’admission, mais sur recommandation de Louis XIV, elle n’avait pas quatorze ans quand fit ses preuves le 8 novembre 1686 par devant le juge d’armes de France et fut reçue à Saint Cyr [2] , l’année de l’inauguration de cette maison d’éducation, crée par Louis XIV pour Madame de Maintenon, sa maîtresse, pour accueillir des jeunes filles nobles dont les pères étaient morts au service du  roi, ou ruinés. Jeanne Françoise fut élevée dans cette institution qui dispensait une éducation religieuse très stricte. Elle se fit remarquer par Madame de Maintenon qui en fit sa secrétaire comme nous l’indique le marquis de Sourches : Elle [Jeanne-Françoise] étoit fille d’un ancien officier d’infanterie nommé Castelja, qui étoit basque, et ayant été élevée à Saint-Cyr, elle avoit été la première que la marquise de Maintenon en eût tirée pour l’avoir auprès d’elle. Cette place fut par la suite très recherchée car elle permettait d’être introduite à la Cour : Elle [Madame de Maintenon] dicte nombre de ses écrits à une jeune fille qui la suit partout, même à Versailles, place enviée qui procure une familiarité avec tout ce qu’il y a de plus considérable à la cour. Elle aura dans cette place Mademoiselle de Loubert, future supérieure, Mademoiselle de Castéja, future Madame de Lalande [3] (…)

Comme elle le fit pour plusieurs autres jeunes filles de Saint-Cyr, Madame de Maintenon organisa son mariage : ensuite elle l’avoit mariée à la Lande, gentilhomme qui avoit été huguenot, lorsqu’il étoit auprès du duc de la Force, et qui, s’étant converti, étoit entré au service du duc du Maine, dont il commandoit l’équipage pour le cerf ; il mourut d’une chute à la chasse [4].

Le mariage de la secrétaire de Madame de Maintenon avec Jacques Salomon de La Lande de Poulard, [5] écuyer, gentilhomme commandant l’équipage de chasse de Son Altesse Sérénissime le Duc du Maine [6], fils d’un cornette de cavalerie, eut lieu à Fontainebleau le 11 octobre 1696 [7], avec  entre autres témoins sa cousine germaine, Marie-Anne-Pierre de Biaudos, seconde épouse depuis 1744 de Louis de Prie, marquis de Plasnes, dit marquis de Prie, qui fut parrain du roi Louis XV et qui était cousin issu de germains des duchesses d’Aumont, de la Ferté et de Ventadour, toutes trois filles de la gouvernante des enfants de France,  Louise de Prie.

 

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Salomon de Lalande – Biaudos de Castéja

 

 

 

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Archives départementales de Seine et Marne, registres paroissiaux de Fontainebleau, 1694-1697, vue 108

 

« Noble homme Jacques Salomon de Poullart, seigneur de Poullart, gentilhomme ordinaire de Son Altesse Sérénissime Monseigneur le Duc du Maine, commandant son équipage de chasse, fils de défunt noble homme Pierre Salomon de Poullart de Lalande, seigneur du dit lieu, et de dame Marie Anne Martin, âgé de trente et un an ainsi  qu’il nous a déclaré par l’établissement de son baptistère, d’une part, et noble demoiselle Françoise de Biaudos de Casteja, fille de noble homme Fiacre de Biaudos de Casteja, escuyer, seigneur de Casteja, major pour le Roi dans la ville de Furnes  et Mademoiselle Françoise de Guillerme son épouse, âgée de vingt-trois ans et demi d’autre part ;  après la publication d’un de leurs bans de mariage faite au prône de la messe paroissiale de Versailles leur paroisse sans qu’il ait paru aucune opposition ni empêchement canonique ou civil ainsi qu’il nous est apparu par le certificat de la publication des dit bans et avec la dispense des deux autres accordée par Monseigneur l’archevêque de Paris et le consentement des dits mariés devant nous donné par M. le curé de Versailles et une copie collationnée de la procuration et consentement au dit mariage donné par le dit seigneur de Biaudos de Castéja père de la dite demoiselle épouse, toutes lesquelles pièces sont demeurées entre nos mains, Comme aussi après avoir été maintenant fiancés  par permission de Monseigneur l’archevêque de Sens se sont épousés en présence de moy Supérieur de la Maison de la Congrégation de la Mission de ce lieu de Fontainebleau et curé du même lieu qui leur ay donné le bénédiction nuptiale et de leurs amis ci après nommés scavoir de la part dudit seigneur époux de Leurs Altesses Sérénissimes Messeigneurs le Duc du Maine et le Comte de Toulouse et de la part de la dite demoiselle épouse de très haute et très puissante dame Madame Françoise d’Aubigné Marquise de Maintenon et de très haut et très puissant seigneur Henry de Mornay Marquis de Montchevreuil , et avec moi ont approuvé.»

 

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Détail des signatures

 

Ont signé : Louis-Auguste de Bourbon, duc du Maine, fils légitimé de Louis XIV et de Madame de Montespan, au service duquel était le marié ; Louis Alexandre de Bourbon, alors comte de Toulouse, fils légitimé de Louis XIV et de Madame de Montespan ; Françoise d’Aubigné, marquise de Maintenon, au service de laquelle était la mariée ; Henry de Mornay, marquis de Montchevreuil, gouverneur et capitaine du château de Saint-Germain-en-Laye, gouverneur du duc de Maine ;  Jacques Salomon de Poulard, le marié ; Jeanne Françoise de Biaudos de Castéja, la mariée ; Bonne de Pons, marquise d’Heudecourt, cousine de Madame de Montespan et jadis maîtresse du Roi ; Anne Marie Françoise de Sainte-Hermine, elle aussi mariée par Madame de Maintenon (à Louis de Mailly), dame d’atours de la duchesse de Bourgogne ; Bonne de Mornay de Montchevreuil, épouse du comte de Manneville ; un ou une d’Aubigné, non identifé ; Nicolas de Malezieu, précepteur du duc de Maine et protégé de Madame de Maintenon.

 

 

 

Lalande était une métairie proche de Clairac.

Le domaine de Poulard, qui payait la dîme à l’abbaye de Clairac, devint, en 1576, la propriété des Salomon qui l’érigèrent en fief. C’était un fief très étendu, composé de nombreuses métairies, possédant une église, et dont l’ensemble des constructions formaient un écart du bourg de Saint-Brice. C’est « Haut et puissant seigneur Louis, marquis de Gouy, colonel du régiment du Gastinois, demeurant à Paris, au vieux Louvre, chez Mme la marquise de Lalande, paroisse Saint-Germain-l'Auxerrois[8] » qui hérita du fief de Poulard qu’il vendit 56.000 livres à Jean-Jacques Denis, dont le père avait géré les propriétés des Salomon.

 

 

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Les témoins du marié

Le duc du Maine et Le comte de Toulouse

 

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Les témoins de la mariée

Madame de Maintenon et Le marquis de Montchevreuil

 


 

C’est à cette époque, fin 1696, qu’arriva à Versailles Marie-Adélaïde de Savoie, âgée de onze ans et promise à Louis de Bourbon,  duc de Bourgogne  fils aîné du grand dauphin qu’elle épousera l’année suivante. On prêtait à Madame de Maintenon, qui avait épousé secrètement le roi en 1683, un pouvoir "disproportionné". Elle en fit preuve cette fois encore en choisissant les officiers de la maison de la nouvelle princesse. On y retrouva ainsi une dizaine de femmes sélectionnées en raison de leurs relations avec madame de Maintenon, parmi lesquelles la comtesse de Mailly dont elle avait arrangé le mariage et qui fut dame d’atour de la duchesse de Bourgogne, et Jeanne Françoise qui en fut femme de chambre[9].

A l’occasion de son mariage, le roi la fit femme de chambre de Madame la duchesse de Bourgogne [10] et donna 40.000 livres à son mari, sur la maison de ville.

 

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Marie-Adélaïde de Savoie, duchesse de Bourgogne

en 1704 en habit de chasse au château de Fontainebleau

Par Pierre Gobert – Musée du château de Versailles

 

Madame du Pérou, supérieure de Saint-Cyr, fait l’éloge de la nouvelle mariée : elle était du nombre de nos Demoiselles et une fille fort aimable, très sage et d’une humeur extrêmement douce, et la meilleure personne du monde ; elle se fit fort estimer à la Cour, et du roi même, par sa bonne conduite et sa modestie.

Madame de Maintenon, au service de laquelle Jeanne-Françoise s’était trouvée pendant quelques années, lui adressa cette lettre [11] : Vous voilà, ma chère enfant, dans votre ménage; je prie le ciel de le bénir, et  je l'espère fermement. Vivez dans le fond de votre maison, fuyez le monde ; attachez-vous à plaire à votre mari, et tâchez de ne plaire qu'à lui seul [12]. Offrez à Dieu vos enfants, avant et après leur naissance ; édifiez ceux qui vous verront, voyez en le moins que vous pourrez. Que Saint-Cir (sic) et ma maison soient pour vos plus grands plaisirs. Aimez vos devoirs, si vous voulez les remplir. Soyez laborieuse; nous sommes tous nés pour le travail et aucun des moments de notre vie n'est à nous. Priez pour moi ; votre cœur est pur, vos prières seront exaucées ; vous savez mieux que personne mes imperfections et mes défauts. Je compte sur ce que je vous ai proposé, pour demain. Si quelque chose vous en empêchait, il faut le mander à Mademoiselle de Normanville [13].

Lorsque Madame de La Lande fut enceinte, elle reçut ce mot de sa protectrice lui donnant un rendez-vous : Je parlais hier au soir à Monsieur de Pontchartrain. Il me dit que vous allassiez le trouver, les premiers jours du mois prochain ; mais, comme votre état ne vous le permettra pas, il faut que Monsieur de La Lande y aille ; ce billet le présentera. Je ne puis pas aller chez vous, vous ne pouvez venir chez moi;  cependant vous voulez me voir et je veux que vous me voyiez. Je vous envoie donc ma chambre [14]; je sais que vous vous y êtes amusée. Puis après l’accouchement ce billet daté de janvier 1698 : Je suis ravie, ma chère enfant, de vous savoir accouchée heureusement, et accouchée d’un garçon. Je vous l’avais bien dit qu’on se faisait les maux plus grands qu’ils n’étaient, et que la tendresse pour l’enfant en diminuait une partie, et que l’amour pour le père donnait la force de supporter l’autre. Remerciez Dieu de ses grâces : un mary sage, un fils, de la santé, quels biens souhaiter après cela ? Personne ne s’intéresse plus à vous que moi ; vous mériterez toujours mon amitié ; vous l’aurez toujours (…).

 

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Françoise d’Aubigné, marquise de Maintenon

Miniature de Jaquotot, musée du Louvre

 

Les condoléances envoyées à son ancienne secrétaire, vers le 28 septembre 1698, suite au décès de ce premier enfant, furent une autre occasion donnée à Madame de Maintenon d’écrire à Jeanne Françoise : Je suis très touchée de votre douleur, ma très chère. Je l’ai toujours prévue, et crainte, n’ayant jamais eu bonne idée de ce pauvre enfant. Donnez de bon cœur à Dieu les prémices de votre famille ; c’est un ange, et selon toutes les apparences, vous ne manquerez pas d’enfants. Quand vous vous porterez bien, venez ici, vous y trouverez des distractions innocentes, qui charmeront votre affliction. Je ne vous assure pas de mon amitié, il me semble que vous n’en doutez pas, et vous avez raison.  

Elle évoquera ce décès en 1705 lors d’un entretien avec les demoiselles de la classe bleue : Faites-vous présentement, mes chers enfants, ce fonds de vertu, car vous en aurez besoin au sortir d’ici pour toute la suite de votre vie. Mme de La Lande m’écrivait l’autre jour qu’elle avait besoin de se rappeler les instructions qu’on lui a données ici pour se soutenir dans son affliction : elle vient de perdre son fils dans le temps qu’elle commençait à en jouir, cat il avait deux ou trois ans et était fort joli.

Madame de La Lande ne fut pas mariée bien longtemps puisque son époux mourut six ou sept ans plus tard d’une chute de cheval, à la chasse. Madame du Pérou disait qu’elle était toujours demeurée veuve et dans l’estime du monde [15].

Au cours d’une "instruction" aux demoiselles de la classe bleue (classe des aînées de Saint Cyr), madame de Maintenon prend comme exemple pour expliquer comment acquérir une bonne réputation celle dont le roi lui-même en a fait un très grand éloge alors qu’elle est une simple demoiselle de Saint Cyr, qui a épousé un gentilhomme qui n’était point riche, et elle n’est point d’un rang assez distingué pour que le roi veuille bien parler d’elle comme il fait. Et de nous expliquer qu’elle le doit à son mérite et à sa bonne conduite. Nous apprenons ainsi que ces quelques années de vie de couple ne furent pas très heureuses pour Jeanne Françoise car elle a mené une vie fort triste, ayant épousé un homme d’une dévotion très sévère et mélancolique (…) C’était un nouveau converti, il ne voulait pas qu’elle prît les plaisirs les plus innocents, craignant qu’il n’y eut du mal. Il était fort retiré et la tenait très renfermée ; elle s’est accommodée à tout cela, à tourner sa dévotion selon le goût de son mari, ne sortant jamais d’une chambre deux fois grande comme les cellules de vos maîtresses. Voilà comment elle a passé les quatre premières années de son mariage. Ensuite son mari est devenu malade, elle l’a servi sans le quitter, principalement depuis deux ans qu’il est empiré, il y a quatre mois qu’elle ne s’est couchée parce qu’il ne pouvait se passer d’elle ; quelquefois il la renvoyait par de petites bizarreries dont les malades ne sont point exempts, puis, si elle tournait la tête, il se plaignait qu’elle l’abandonnait. Il fallait qu’elle fût toujours là à l’entendre crier, à sentir une odeur à faire crever (…)  il ne voulait pas, le pauvre homme, qu’on ouvrit un volet, craignant que cela ne lui fit mal, ce qui pouvait bien être vrai. Voilà l’état où était Madame de La Lande. Il n’est pas, comme vous voyez, fort agréable, cependant elle ne s’en est jamais plainte à personne, pas même à moi (…) Si Madame de La Lande ne s’était pas bien conduite, qu’elle n’eut été occupée qu’à se divertir, qu’elle eut laissé là son mari, on ne parlerait pas d’elle aussi avantageusement que l’on fait à présent.

Jeanne Françoise avait été nommée intendante de Garde-Robe de Madame [16], reine de Sardaigne, où le maréchal de la Mothe [17] avait commandé. Elle était dans cette charge en 1699 quand Pontchatrain adressa à d’Argenson ce courrier en date du 8 mars : (…) Madame de La Lande a fait venir de Reims 208 aulnes d’estamines pour Madmae de Maintenon ; les commis de la draperie ont retenu cette étoffe, et veulent, à ce qu’elle mande, couper par pièces de 5 aulnes. Donnez ordre, s’il vous plait, en recevant cette lettre, à ce que les 208 aulnes soient rendues à Madame de La Lande, ou à celui qui aura charge d’elle, en l’état auquel elles ont été apportées de Reims. Lorsque cela sera exécuté, faites le moi savoir.

En cette même année 1699 le Roi confirma les lettres de noblesse accordées par Sa Majesté à sieur Jacques Salomon, sieur de Poulart, enregistrées au greffe de la Cour, en vertue de l’arrêt d’icelle du 3 novembre[18].

 

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Portrait présumé  [19] de Jeanne-Françoise avec deux de ses filles.

 

 

 

A l’approche de la naissance du premier enfant [20] de Louis de France, fils du grand dauphin,  "Madame de La Lande", comme l’appellent les mémorialistes du temps, fut nommée par Louis XIV sous-gouvernante des enfants de France le 25 mars 1704, pour seconder la maréchale de la Mothe et la duchesse de Ventadour, sa fille : Le roi a choisi pour sous-gouvernante madame de la Lande, qui a été nourrie à Saint-Cyr et pour qui madame de Maintenon a toujours eu beaucoup d’amitié [21]. Le marquis de Sourches se fit également l’écho de l’événement : L’après-dînée, on sut que la maréchale de la Mothe avoit été nommée gouvernante des enfants du duc de Bourgogne, avec la duchesse de Ventadour, sa fille, en survivance, la veuve de la Lande pour sous-gouvernante, et la veuve d’Hoquincant pour première femme de chambre [22].

Dès cet instant, Madame de la Lande fut associée de près à la vie de la cour. 

Ainsi, le 15 avril 1705, elle fut de ceux qui accompagnèrent, de Versailles à Saint-Denis, le corps du jeune duc de Bretagne, arrière petit-fils du roi et roi lui-même s’il avait vécu : C’est M. le Duc, comme prince du sang, qui mènera le corps de monseigneur le duc de Bretagne à Saint-Denis. Il y aura avec lui, dans le carrosse, M. le cardinal de Coislin comme grand aumônier, le duc de Tresmes comme duc, madame de Ventadour comme gouvernante, madame de Lalande, sous-gouvernante, et le curé de Versailles (…), dans un carrosse du roi qui ne sera point drapé ; le cercueil du prince au milieu, et le cardinal de Coislin portant le cœur dans sa main [23].

 

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Louis XV enfant, tel que l’a côtoyé Madame de La Lande

 

 

Dans l’Etat de la France, où se trouve le recensement des officiers et des gens de la Maison des Enfants de France, on trouve pour l’année 1712 : Gouvernante : Mme de Ventadour ; Sous-gouvernante : Mme de la Lande

Les Enfants de France sont cette année là, le second duc de Bretagne, né en 1707 et le duc d’Anjou (futur Louis XV), né en 1710. Le duc de Bretagne mourra au cours de cette même année 1712, de la même maladie que ses parents et peu après eux.

Le duc d’Anjou, qui l’avait également contracté, fut sauvé par sa gouvernante qui l’arracha aux médecins. A deux ans, le futur Louis XV, dernier descendant direct de Louis XIV, devient le nouveau dauphin et l’enfant de France unique confié aux bons soins de Mesdames de Ventadour et de La Lande. Il ne se rend pas compte encore de la dette qu'il a contracté envers la duchesse de Ventadour mais spontanément, et pour toujours,  il l'appelle maman Ventadour. Consciente de ses lacunes en matière d'éducation, la duchesse s'en remet aux conseils avisés de Madame de Maintenon, pédagogue avertie qui n'est pas avare de conseils et qui, conformément aux dernières volonté de Louis XIV, mort en septembre 1715, lui dispense aide et soutien de bonne grâce, tout en restant dans l'ombre, par souci de discrétion (chrisagde.free.fr).

 

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Pompe funèbre du dauphin et de la dauphine, morts en 1712

(Le carrosse de la duchesse de Ventadour est marqué d’une croix)

 

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Lettre  adressée à d’Hozier le 28 mars 1712 concernant l’entrée de sa nièce à Saint-Cyr. L’annotation en marge dit ceci : C’est que c’est moi qui suis cause de son établissement et de sa fortune l’ayant fait entrer à Saint Cir le 8 de novembre de 1686 sur la parole d’honneur que me donna sa mère de me fournir dans le terme de deux mois ses titres de sa noblesse qu’il fallait renvoyer chercher en Gascogne et la dessus elle fut reçue avant l’échéance de ses 14 ans car elle était née le 18 de   de l’an 1672 et c’était alors le terme de l’âge jusqu’auquel on recevait les Demoiselles de Saint Cir, et sa mère me tint exactement sa parole.


La fonction de sous-gouvernante était très exigeante : chacune d’elles servait tous les deux jours, de neuf heures du matin jusqu’à huit heures du soir, moment où elle se retirait pour dormir dans la chambre des petits princes. Hors service les sous-gouvernantes bénéficiaient d’appartements commodes, sinon prestigieux, dans le château. Madame de La Lande occupa plusieurs logements au cours de ses nombreuses années passées au château de Versailles.

Ainsi,  le 8 mars 1714, Louis XIV donna  à madame de Caylus le logement qu’avoit madame de Miossens au Luxembourg et celui que madame de Caylus avoit, à madame de la Lande, sous-gouvernante de monseigneur le Dauphin [24].

 

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De gauche à droite : Madame de Ventadour tenant en laisse le duc d’Anjou (plus tard Louis XV),

Louis le grand dauphin (héritier du trône), le roi Louis XIV et le duc de Bourgogne.

-Base Joconde-

 

 

 


En février 1715, le roi Louis XV participe à sa première cérémonie, la réception d’un ambassadeur de Perse à Versailles. À 5 ans, on le jugeait bel enfant, doué d'une intelligence vive et d'une bonne mémoire, gai et farceur. Il était particulièrement attiré par l'histoire et la géographie. Le matin, Marie-Madeleine Mercier, sa nourrice, l’habille, lui remet son grand cordon bleu et son chapeau et l’installe dans la chaise à porteur sur les genoux de Madame de Ventadour. Elle gagne ensuite les toits où se sont pressés les commensaux avides d’assister à l’arrivée du cortège. La suite, Marie-Madeleine l’apprend par les gouvernantes, Mesdames de Ventadour, de la Lande et de Villefort qui ont assisté à l’audience et viennent de regagner l’appartement des Enfants de France avec le Dauphin. (…) les trois gouvernantes s’accordent pour dire que l’ambassadeur était méprisable, que les habits – celui du roi noir et or cousu des plus beaux diamants de la couronne, tout comme eux des princes de la famille royale – étaient somptueux (…) [25] . En effet si un des enfants du roi assistait aux audiences qu’il donnait aux ambassadeurs, sa place était au côté du roi et la gouvernante et la sous-gouvernante entraient aussi sur l’estrade, en dedans des balustres.

 

 

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Réception de l’ambassadeur de Perse par Louis XV, à laquelle assiste Jeanne-Françoise qui y figure

-Base Joconde-

 

 

Le 6 mars 1715, peu de temps avant la mort du roi Louis XIV, eut lieu le mariage de sa fille Françoise-Mélanie de Salomon de La Lande avec Michel Jean de Gouy d’Arsy. Mademoiselle de la Lande, fille d’une des deux sous-gouvernantes de monseigneur le Dauphin, se marie au marquis d’Arcy, et en faveur du mariage le roi donne à la demoiselle 50 000 francs sur la maison de ville valant 2 000 livres de rente, et il donne un brevet de mestre de camp à celui qui l’épouse [26] (6 mars 1715)

 

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Acte de mariage de Françoise-Mélanie de la Lande et Michel-Jean de Gouy d’Arsy

sur lequel on retrouve les signatures des parents et grand parents du marié,

de la mère de la mariée, et des témoins :  la duchesse de la Ferté [27],

Marie Joseph duc d’Hostun [28], le prince d’Espinoy [29] et Berthelot de Pléneuf [30]

 

L'an mil sept cent quinze, le sixième jour du mois de mars, un ban publié en cette église et dans celle d'Arsy, diocèse de Beauvais, sans opposition, S.E Mgr le cardinal de Noailles, archevêque de Paris, ayant accordé dispense de deux bans et du temps de caresme, en date du deuxième du présent mois, Monseigneur l'évêque de Beauvais pareille dispense en date du premier jour du dit mois, les fiançailles célébrées la veille, ont été mariés et reçu la bénédiction nuptiale de nous soussigné père supérieur de la maison de la congrégation de mission et curé de Versailles, haut et puissant seigneur messire Michel Jean de Gouy, chevalier, marquis d'Arsy, seigneur de Troussancourt et autres lieux, maréchal de camp de cavalerie, fils de haut et puissant seigneur messire François de Gouy, comte d'Arsy, seigneur de Francastel, Manicourt et autres lieux et de haute et puissante dame Elisabeth Doranges Desroches son épouse, de la paroisse d'Arsy et demoiselle Françoise Mélanie de Salomon de La Lande, fille de deffunt Jacques Salomon, chevalier, seigneur de Poulard de la Lande, gentilhomme de S.A Sérénissime Monseigneur le duc du Maine et de dame Françoise de Biaudos de Castéja son épouse sous gouvernante des enfants de France de cette paroisse d'autre part assistés du sus dit seigneur d'Arsy, père de l'épouse, de la dite dame mère de l'épouse, de madame Elisabeth Doranges des Roches, madame la duchesse de la Ferté , monseigneur le duc de Hostun de Talard, de monseigneur le prince d'Espinay, de Monseigneur Depleneuf qui ont tous signés avec nous

 

 

 

Dangeau parle encore du mariage de mademoiselle de La Lande aux dates du 31 mars et du 5 avril disant qu’il s’étoit trouvé quelques difficultés au mariage de mademoiselle de la Lande sur le bien du mari qu’on ne croyait pas assez assuré, mais les difficultés sont finies et le bien est sûr ; ainsi la noce se fera cette semaine chez madame de Ventadour [31] (31 mars 1715) puis que  Mademoiselle de la Lande fut fiancée dans la chapelle à six heures du soir ; monseigneur le Dauphin y voulut être. Elle fut mariée après minuit, et la noce se fait chez madame de Ventadour (5 avril 1715) [32]. Ces propos ne sont compréhensibles que s’il s’agit du mariage d’une autre mademoiselle de La Lande, à savoir une des sœurs de Françoise-Mélanie.

Après la messe de requiem donnée le 4 septembre 1715 pour le repos de l’âme du Roi-Soleil,  la Cour se déplaça à Paris. Le Parlement de Paris tenant un rôle plus important et le régent habitant au Palais Royal, tout désignait alors les Tuileries comme résidence royale. La cour quitta donc Versailles pour le château des Tuileries où elle resta jusqu’à son retour à Versailles, le 15 juin 1722. Le palais fut ensuite occupé par des courtisans auquel le roi octroyait des logements de faveur.

Le 20 février 1717, le Roi étant sur le point de sortir de la tutelle de dames qui étaient préposées aux soins de la personne de Sa Majesté, M. le Régent régla avec madame la duchesse de Ventadour la pension de madame de La Lande qui fut gratifiée d’une pension annuelle de six milles livres, avec quinze cents livres pour son logement [33].

Le jeune Louis XV continua de manifester son attachement à madame de la Lande et à sa fille : Le roi et madame la duchesse de Berry tinrent sur les fonts la fille de madame de Mouchy, et ensuite S. M. et madame la duchesse du Maine tinrent sur les fonts le fils de madame d’Arcy. Madame d’Arcy est fille de madame de la Lande, sous-gouvernante du roi. S. M. donna des belles boucles d’oreilles à madame Mouchy et envoya une belle bague à madame d’Arcy [34]. Un article du Mercure de France rapporte cet évènement de manière plus détaillée : Le 27[février 1727], à trois heures, monseigneur le duc-régent s'étant rendu chez le roi, S.M. reçut le serment de M. le marquis de Gesvres pour la survivance de la charge de premier gentilhomme de la chambre, en présence de M. le duc de Tresmes, son père et de quantité de seigneurs (...) Après le serment prêté par M. le marquis de Gesvres, le roi accompagné de M. le duc-régent, de monseigneur le Duc, de messeigneurs les princes et de M. le maréchal de Villeroy, voulut voir du balcon de la salle des Cent-Suisses la compagnie des gendarmes du quatier (...) S.M. parut prendre beaucoup de plaisir à cette revue. Ce fut dans ce temps là que madame la duchesse de Berry arriva, dans un magnifique carrosse, escortée d'un détachement de ses gardes. Elle monta chez le roi, d'où elle se rendit avec S.M. dans la chapelle pour y tenir sur les fonts de baptême une fille de M. le marquis de Mouchy, maître de la garde-robe de feu monseigneur le duc de Berry. Le roi y avait été précédé par M. le cardinal de Rohan, grand aumônier de France, M. l'abbé de Maulevrier et M. l'abbé d'Argentré, aumônier du roi. S.M. était accompagnée de M. le maréchal de Villeroy, de M. le prince Charles, grand écuyer de France, de tous les officiers des gardes. Le roi portait un habit de velours couleur de pourpre, enrichi de gros boutons de diamnats. Madame le duchesse de Berry y avait été précédée par M. l'abbé de Castries, nommé à l'archevêché de Tours, son premier aumônier, M. l'abbé de Rouget et M. m'abbé de Parthenay, ses aumôniers. Elle était accompagnée de madame la duchesse de Saint-Simon, sa dame d'honneur, de madame la duchesse de Pons, sa dame d'atours, de ses dames du palais, de M. le marquis de Coëtanfao, son chevalier d'honneur, de M. le chevalier d'Hautefort, son premier écuyer et du reste de sa maison. Cette princesse portait une robe d'une étoffe d'or, toute couverte de pierreries ; sa coiffure en était toute brillante. Madame la duchesse de Saint-Simon s'y distingua aussi par une grande quantité de diamants sur sa robe et à sa coiffure. Le roi fit pareillement l'honneur à M. le marquis d'Arsy, un de ses quatre gentilshommes de la manche, de tenir son fils avec madame la duchesse du Maine.

 

 

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Le palais des Tuileries

 

On sait que le marquis de Gouy (Louis), petit fils de Jeanne-Françoise, était logé gratuitement au Louvre et que son épouse, Anne-Yvonne-Marguerite-Esther de Rivié, dame de Madame [35], partageait un logement avec Madame de La Lande qui avait l’habitude d’y rester quand elle venait à Paris.

Cette mademoiselle de Rivié était la petite fille du Comte de La Rivière, grand-croix de l’ordre de Saint-Louis, lieutenant général, capitaine des mousquetaires noirs en 1754 lorsque le 4 mai, accompagné du marquis de La Rivière et du marquis de Lusignan, ses gendres, il fit ses révérences à Sa Majesté, à l’occasion de la mort de la comtesse de La Rivière, née Barberin de Reignac. Le marquis de La Rivière, qui lèguera son immense fortune à son petit-fils le célèbre La Fayette, était alors commandant des mousquetaires gris, logeait au château (appartement GC 36 du Grand Commun), ainsi que son épouse et cousine, qui avait été ajoutée le 17 juin 1747, au nombre des dames accompagnant Mesdames de France (appartement AN 67 du Galetas du gros pavillon). Il est très vraisemblable de penser que Madame de La Lande fréquentait ces parents de la puissante famille d’Argenson.

Pour en revenir à l’appartement du Louvre, il se trouvait dans le logement de plus de trente pièces toutes élégamment distribuées, plus élégamment meublées avec des boiseries, des peintures, des glaces, des bains, qu’occupait au temps de sa splendeur la reine Marie de Médicis. Il devait s’agir de plusieurs pièces sur deux étages. Jeanne Françoise en occupait la partie la plus élevée, la dame de Gouy, qui venait à la Cour avec une seule femme de chambre qui la servait à tout, logeant au premier. Il lui fallait monter quatre vingt marches pour y accéder, ce qu’elle fit, sans peine dit-on, jusqu’à l’âge de quatre vingt huit ans. [36]

A l’âge de sept ans, le roi est pris en charge par le maréchal de Villeroy. La séparation avec ses gouvernantes est très douloureuse, pour lui comme pour elles : Lundi 15 février 1717. - Le roi fut assez gai le matin en se levant ; mais quand M. le duc d'Orléans fut arrivé chez lui et que madame de Ventadour lui dit qu'elle remettait le précieux dépôt qui lui avait été confié et baisa la main au roi en prenant congé de lui, il se jeta à son col et l'embrassa tendrement en fondant en larmes. Madame de Ventadour lui dit : Mais Sire, il faut écouter la raison. - Ah, maman ! lui dit-il, je ne reconnais plus de raison quand il faut m'éloigner et me séparer de vous. M. le duc d'Orléans donna de grandes louanges à madame de Ventadour, la remercia de tous les soins qu'elle avait pris du roi, et puis il remit le roi entre les mains de M. le maréchal de Villeroy, son gouverneur. Le roi ne voulut point dîner et fut fort triste toute la journée. On a fait à madame de Ventadour un présent magnifique de pierreries que le roi avait eues de la succession de monseigneur le dauphin, son grand-père, et on estime ce présent 60,000 écus. (Journal de Dangeau). On a du mal à imaginer que la sous gouvernante ne fut pas associée à ces adieux et aux marques de reconnaissance associées

Seulement deux événements marquèrent cette période passée aux Tuileries : la visite du tsar au printemps 1717  et la réception en l’honneur de l’infante d’Espagne le 10 mars 1722.

 

LXV et infante

Rencontre de Louis XV et de sa fiancée, l’infante d’Espagne

 

En 1719,  Jeanne Françoise a la tristesse de voir mourir sa bienfaitrice, madame de Maintenon.

En 1721, Jeanne Françoise participa au projet du double mariage entre la France et l’Espagne, celui du roi et de l’infante dès qu’elle serait nubile et celui du prince des Asturies avec Mademoiselle de Chartres [37] (Saint-Simon, volume XVIII, page 163). A ce titre elle fit le voyage de Saint-Jean de Luz pour accompagner Mademoiselle de Montpensier en vue de son mariage avec le futur roi d’Espagne. C’était un retour aux racines, dans les Landes à Mézos, où son père Fiacre était né ! Le 10 (novembre 1721) la duchesse de Ventadour, la princesse de Soubise, Ladame de La Lande, et autres dames de la Maison de future Reine, furent chez le Roi en Habits de Cour recevoir les derniers ordres de S.M. avant leur départ. Le 18 au matin, le maréchal de Villeroy vint de la part du roi complimenter Mademoiselle de Montpensier, puis la ville de Paris, après quoi elle monta dans un carrosse du roi avec M. le duc d'Orléans sur le derrière, M. le duc de Chartres et la duchesse de Ventadour sur le devant, et aux portes la princesse de Soubise et la comtesse de Cheverny, gouvernante de la princesse. Elle était accompagnée d'un détachement des gardes du corps jusqu'à la frontière, et de force carrosses pour sa suite … (Saint Simon volume XVIII page 334). L’année 1722 commença par l’échange des princesses, futures épouses du roi et du prince des Asturies, dans l’île des Faisans, de la petite rivière de Bidassoa qui sépare les deux royaumes, où on avait construit une maison de bois à cet effet … (Saint Simon volume XIX page 106). Le procès verbal de l’arrivée à Dax est dans les archives de la ville (côte 33-117) et a été transcrit par Raphaël Milliès-Lacroix, ancien maire et ancien ministre : Donc le 1er jour de janvier 1722, arriva à Dax, à 3 heures de l’après-midi. Mademoiselle de Montpensier, première fille de son Altesse Royale Monseigneur Philippe d’Orléans, Régent du Royaume de France. Cette princesse se rendait à l’Ile des Faisans, barrière des deux Royaumes de France et d’Espagne, où se rendait, de son côté, l’Infante des Asturies envoyée par Philippe V et la reine d’Espagne. Cette princesse était accompagnée dans son carrosse de Madame de Ventadour, gouvernante des Enfants de France et de Madame Soubise, gouvernante en survivance ; de Madame de Chimaye [sic, pour de Chimay], gouvernante de la Princesse et de Madame de Lalande de Castéja, sous-gouvernante des Enfants de France.

Jeanne-Françoise fit encore le voyage retour de Dax à Paris avec l'Infante d'Espagne en vue du mariage de celle-ci avec Louis XV [38]. Le curé de La Haye, aujourd’hui Descartes, raconte ainsi l’étape qui fut faite dans sa bourgade : Le 18 février 1722, Marie Andrée Victoire, Infante d'Espagne, agée pour lors de trois ans dix mois et demy, a passé par cette ville de La Haye pour aller épouser Loüis Quinzième de France, on lui a fait tous les honneurs deus à une Reine, elle a logé à l'Ecu chez Mr Caillé. Il y avait 900 hommes et autant de chevaux à la suite, sans comter ( sic) la noblesse du voisinage et la bourgeoisie tant de cette ville que de celle de Sainte-Maure qui vint au-devant, tout était pompeux et magnifique. Il y avait avec cette Reine, Madame de Vantadour, gouvernante de Loüis et Madame la Duchesse de Soubise, Madame de La Lande et quantité de seigneurs.

 

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Louis XV et l’infante d’Espagne

-Base Joconde-

Jeanne-Françoise participa aussi au projet de mariage de Mademoiselle de Beaujolais, cinquième fille du duc d'Orléans, Régent de France, qu'on a fait mourir de chagrin en 1734, fiancée par contrat du 26 novembre 1728 à Don Carlos, troisième fils du roi d'Espagne. Mademoiselle de Beaujolais était la plus raisonnable et la plus régulière de la famille ; on prétendait qu'elle aimait passionnément et constamment un Infant d'Espagne, et je ne sais comment elle aurait conservé cette passion-là, car elle avait la tête tournée pour le Duc de Richelieu, à qui elle écrivait des choses qui brûlaient le papier. Mademoiselle de Beaujolais était jolie, spirituelle et bienveillante, et malgré son tour d'esprit romanesque et ce que M. son père appelait des enfantillages, tout le monde a regretté cette jeune Princesse (Souvenirs de Madame de Créquy, tome II, chapitre 1). En effet, sa cousine germaine, Marguerite de Biaudos Castéja, Vicomtesse d'Aspremont d'Orthe, était la belle-fille du Chambellan du duc d'Orléans, Henri d'Aspremont, Vicomte d'Orthe. De plus sa tante Laurence de Biaudos (1698), née Suhigaray, était aussi la fille d'un Chambellan du duc d'Orléans.

Le 14 août 1727 naquirent les jumelles Louise Elisabeth, dite Madame Première et  Anne Henriette, dite Madame Seconde. Elles furent élevées avec leur frère le dauphin dans l’aile des princes, au château de Versailles. Madame de Ventadour devient à nouveau gouvernante des enfants de France avec Madame de La Lande et Madame de Villefort comme sous-gouvernantes. En 1729, alors que la dauphin était né, et qu’un quatrième enfant était attendu, une troisième sous gouvernante fut nommée : Madame du Muy.

les jumelles

Madame Première et Madame Seconde

 

 

La reine mettra au monde dix enfants de France, la dernière étant née en juillet 1737. Trois moururent en bas âge. Madame de Ventadour étant fort âgée (73 ans), le roi lui adjoint sa petite fille, la duchesse de Tallard [39], qui deviendra gouvernante en exercice en 1735.

 

louis dauphin fils de louis XV 2 madame adelaide enfant 

Le dauphin Louis et Madame Quatrième (Adélaïde)

La fonction de sous-gouvernante était très exigeante. Chacune servait tous les deux jours de neuf heures du matin à huit heures du soir, moment où elle se retirait pour dormir dans la chambre des petits princes. Hors service, les sous-gouvernantes bénéficiaient d’appartements commodes, sinon prestigieux, dans le château.

Comme nous l’apprend William R. Newton [40], depuis une date antérieure à 1736 et jusque vers 1740, Madame de La Lande habitait un logement dans l’attique au nord, au dessus du grand appartement du roi. Il était composé de deux appartements (CC61 et CC62) qui furent pour la première fois réunis pour elle. S’y succédèrent ensuite le maréchal de Coigny, Madame de Châteauroux puis Madame de Pompadour en 1745, et enfin les Noailles (qui y adjoignirent un 3ème appartement). Le premier appartement, de 5 pièces dont 3 avec cheminée, avait été celui de Mademoiselle du Maine. Le second, était de 5 pièces dont 2 à cheminée et 2 entresols dont 1 à cheminée.

Elle déménagea ensuite dans l’aile des princes, reprenant l’appartement de Madame de Clermont d’O situé dans l’attique de l’aile du midi, qu’elle conserva jusqu’à sa mort. Cet appartement (AP98), composé de 5 pièces dont 4 avec cheminée et 5 entresols dont 2 à cheminée, passa ensuite aux Sinety [41].

 

 

 

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Appartements CC61 et CC62 occupés par Madame de Lalande pendant plus de 4 ans


Lalande - cabinet intérieur Lalande - chambre

 

Lalande - grand cabinet Lalande - antichambre

Principales pièces de l’appartement de Madame de la Lande,

restaurées et meublées comme du temps de leur occupation

par Madame de Pompadour

(http://www.madamedepompadour.com)

 

 

En 1738, le couple royal se sépare de ses filles cadettes. Les quatre plus jeunes princesses sont conduites à l’abbaye de Fontevraud sous la responsabilité de Jeanne-Françoise : Le voyage fut une véritable expédition qui égrena lentement, à travers les plaines de la Beauce, un lourd cortège de neuf voitures et vingt fourgons, encadré d’un détachement des Gardes du Corps. Il dura treize jours, que Madame Septième passa assise sur les genoux de sa première femme de chambre, munie d’un hochet de vermeil. Dans le même carrosse se trouvaient ses trois sœurs, Mme de La Lande qui avait reçu la responsabilité du voyage, et deux autres femmes de chambre[42]. Le passage de Mesdames, avec leur suite de cent vingt personnes et deux cents chevaux, provoquait quelque dérangement : la population devait fournir draps et matelas, les auberges étaient réquisitionnées, les milices bourgeoises mises sur pied de guerre (…) Le 28 juin, le cortège quitta Saumur pour l’étape finale, Fontevraud, où les petites princesses, acclamées par la population, firent leur entrée au milieu d’une haie d’honneur formée par la maréchaussée de la province. Dans la cour de l’abbaye, Mme de La Lande les remit à la garde de l’abbesse, Madame de Rochechouart[43]. En leur honneur, on donna une fête avec un dîner de plus de deux cents couverts, présidé par l’abbesse, suivi, le soir par des illuminations et un feu d’artifice. Le lendemain, Madame de La Lande repartait sans délai rendre compte au roi de sa mission [44].

En 1740 le marquis de Castéja, son cousin germain, décède à Toul dont il était gouverneur : Jean-François, maréchal des camps et chevalier de Saint-Louis,  avait été colonel d’un régiment de son nom en 1702.

Le 3 janvier 1744, le Roi va à l’opéra avec Mesdames. Bien qu’elle ne fût pas de semaine, Madame de la Lande fut conviée. Le duc de Luynes précise dans une note : Ordinairement il n’y a qu’une sous gouvernante de semaine chez Mesdames, et c’était Mme de Villefort qui était de semaine : mais le Roi voulut que Mme de la Lande y fût ; il la connait dès son enfance, et ce fut une espèce de plaisanterie pour la mener à l’opéra.

Le 30 janvier le Roi alla à la chasse à Saint-Germain : c’est le lieu où il court le plus ordinairement pendant l’hiver. Mesdames furent à la chasse du Roi ; elles allèrent, avant que de partir, entendre la messe habit de chasse à la petite chapelle de Saint-Louis ; elles avaient deux calèches, une pour elles avec Mmes de Tallard et de Châteauroux, dans l’autre Mme de la Lande, l’une des sous-gouvernantes, Mmes de l’Hôpital et d’Andlau, et Mme de Sourches.

Le duc de Luynes, à la date du dimanche 3 mai, à Versailles, écrit : Mme de Muy, sous gouvernante de Mesdames, s’est retirée, il y a longtemps, conservant les mêmes appointements. Elles étaient trois sous gouvernantes : Mme de Muy, Mme de Villefort et Mme de la Lande. Mme de Villefort, qui a soixante-seize ans, quoiqu’elle ne les paraisse pas, obtint l’agrément du Roi, il y a quelques jours, pour se retirer ; le Roi la traite de même que Mme de Muy. Il ne reste plus actuellement que Mme de la Lande, et l’on croit qu’elle se retirera bientôt. Le Roi a jugé à propose de donner à Mesdames deux dames de plus, et il a voulu qu’elles fussent titrées. Le Roi, en travaillant hier avec M. de Maurepas donna ces places à Mme la duchesse de Beauvilliers et à Mme la duchesse de Brissac.

Durant l’été 1744, elle retrouve avec bonheur sa cousine germaine Marie-Anne de Biaudos de Castéja qui vient s’installer au château de Versailles dans un "trois pièces avec cheminée", situé dans l’aile gauche des Ministres [45]. Elle vient en effet d’épouser, le 10 juin, le marquis de Prie, veuf de Jeanne Agnès Berthelot de Pléneuf, qui avait été la maîtresse du duc de Bourbon [46] et, pendant quelques années, la femme la plus puissante à la cour de Louis XV. Jeanne Françoise a été un des témoins de la mariée à ce mariage célébré à Notre Dame de Versailles. L’autre témoin étant le frère de la mariée, Charles Louis, alors ambassadeur du roi en Suède.

 

 

PRIE louise 2

La première marquise de Prie, née Berthelot de Pléneuf

 

 

Biaudos-Charles-Louis-2s

Charles Louis de Biaudos, ambassadeur en Suède

 

 

signature Jeanne Fcse

Signatures de Charles Louis de Biaudos, comte de Castéja, maréchal des camps, gouverneur de Toul, ambassadeur du roi en Suède, frère de la mariée,

et de Madame de La Lande, sa cousine germaine tous deux témoins au mariage d’Anne (M, Notre Dame de Versailles, 1744, vue 23/42)


jeanne françoise rente

Billet de rente

 

En 1749, quand son petit fils Louis, marquis de Gouy, se fut marié, sa jeune épouse Anne Yvonnette Marguerite d’Esther de la Rivière de Saint George de Vérac, marquise de Gouye [sic, pour de Gouy], devenue dame pour accompagner Mesdames se vit attribuer un logement dans l’ancien hôtel de la surintendance, dans les combles au dessus du second étage (S34) [47], qu’elle quitta plusieurs mois après mois pour  une chambre et garde robe dans les toits, très vilaine et fumante, connue vulgairement sous le nom du trou de Mme de Gouye [de Gouy] parce qu’elle l’occupa longtemps, (AN72) située dans le galetas au dessus de l’attique du gros pavillon avant de prendre possession en 1753 [48] d’un logement fort petit dans l’Aile des Princes, sur la rue de la Surintendance (AP56)  qu’elle conserva jusqu’en 1760, date à laquelle elle a quitté sa place [49] et cessé de paraître à la Cour. Durant cette période, où son service auprès de Madame la retenait le plus souvent, elle n’avait d’autre table matin et soir que celle de Madame de La Lande, [mère de] sa belle mère, qui l‘aimait tendrement.

 

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Contrat de mariage Gouy-Rivié  : Signatures de leur Majestés, de Monseigneur le Dauphin et Madame la Dauphine, de Madame Infante, de Mesdames de France et des Princes et Princesses du sang, à Versailles au château du Louvres, à savoir de Louis XV, Marie Leszcyńska, le dauphin Louis, sa femme Marie Josèphe de Saxe, les aînées Elisabeth et Henriette (jumelles), Madame Adélaïde, Madame Victoire, Louise Henriette de Bourbon (duchesse d’Orléans), Louis de Bourbon (comte de Clermont), Louise Anne de Bourbon (Mademoiselle de Charolais), Alexandrine de Bourbon (Mademoiselle de Gex) et Louise Adélaïde de Bourbon (Mademoiselle de La Roche sur Yon)

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Contrat de mariage Gouy-Rivié  : Signatures des seigneur et dame futurs épous, et les seigneurs et dames leurs parents et amis, à Paris en la demeure de la ditte Dame future épouse. On remarquera en bonne place la signature de François Potier, 3ème duc de Gesvres, gouverneur de Paris et les signatures de Madame de la Lande (Casteja de Lalande), du couple Prie  (Le chev de Prye + Casteja marquise de Prye)

 

 


 

Madame de La Lande, qui avait eu la douleur de perdre sa fille le 10 février 1726, avait aussi comme proche voisin, son gendre, Michel Jean de Gouy, marquis d’Arsy, gentilhomme de la manche du roi, alors écuyer en quartier de la dauphine, logé au Grand Commun dans un appartement (48A à droite) comprenant 2 pièces dont 1 à cheminée au premier étage à droite et 2 entresols dont 1 avec cheminée. Après deux ans de veuvage, il s’était remarié  à une Tarteron de Montiers.

 

Grand commun

Le Grand Commun [50]

 

Quand ce gendre vint à mourir, probablement en 1746, elle adressa au roi cette demande : La dame de Lalande supplie de roi de conserver à sieur Gouy [Louis], son petit fils, quelques grâces sur les 14000 livres dont jouissait sieur Darcy [Michel-Jean de Gouy, marquis d’Arsy, J. de Cauna, op. cit., III, 178], son père, gentilhomme de la manche de Sa Majesté, qui vient de mourir. Elle lui obtint 3000 livres de pension.

C’est cette même année 1746 que, la longue éducation des enfants de Louis XV touchant à sa fin, la chambre des filles fut supprimée. On décida qu’une Maison serait établie pour servir les deux princesses, connues dès lors comme Mesdames les Aînées. [51] La maréchale de Duras [Marguerite-Félice de Lévis-Ventadour, sœur de Louis-Charles, mariée en 1668 à Jacques-Henri 1er de Durfort-Duras, J. de Cauna, op. cit., II, 86] fut nommée dame d’honneur et Jeanne Françoise fut chargée de remplir les devoirs d’une dame d’atour, quoique avec le titre plus modeste d’intendante de la garde-Robe et d’atour [52]. Les deux jeunes princesses réintégrèrent l’appartement de leur enfance au château de Versailles. Lorsque Madame Victoire revint de Fontevrault en 1748, on lui attribua une chambre à l’extrémité de cet appartement et une sous gouvernante sans titre, Mademoiselle de Charleval.

L’année suivante, Madame de La Lande se retira et Madame d’Estradès reçut le titre de dame d’atour au service des trois sœurs. Ceci est rapporté par le duc de Luynes dans ses mémoires, à la date du dimanche 12 janvier 1749 [53] : Le roi dit hier à Madame que Madame de la Lande désirait de se retirer ; qu’il avait nommé Madame d’Estrades pour être leur dame d’atours, et qu’il donnait la place de Madame d’Estrades auprès d’elle à celle qu’épouserait Monsieur de Gouy, [petit-]fils de Monsieur d’Arcis, homme de condition de Picardie, qui avait épousé une fille de Madame de la Lande. On trouve un autre récit sensiblement différent du départ de Madame de La Lande [54] : La place que convoitait sa parente [Madame d’Estrades] était occupée par Madame de la Lande, qui avait été autrefois sous-gouvernante du Roi et du Dauphin. Cette vieille dame avait vu naitre toute la famille royale et lui portait le plus tendre attachement ; elle tenait beaucoup à ses fonctions et pour rien au monde elle ne les eut abandonnées ; il fallait cependant qu’elle le fit, car madame d’Estrades voulait la remplacer. Il y eut donc conciliabule à ce sujet chez madame de Pompadour, et l’on discuta les moyens de réussir ; tout le monde connaissait le respect profond qu’inspiraient à madame de la Lande les volontés du Roi. Ce fut donc par là qu’on résolut de la prendre, et le baron de Montmorency, qui était du complot se chargea de la faire céder. Il alla trouver cette dame, se présenta comme envoyé près d’elle par le Roi, en ajoutant que prince désirait qu’elle cédât sa place à madame d’Estrades, et finit en lui mettant sous les yeux un tableau effrayant des inconvénients que son refus pourrait avoir pour sa famille. La pauvre vieille femme, touchée du désir de plaire à son Roi, céda.

Ceci fut l’occasion d’un incident entre Madame de Pompadour et Monsieur de Maurepas, incident qui fut celui de trop et qui mena le ministre à sa disgrâce signifiée le 25 avril 1749. Les mauvaises relations entre le ministre et Mme de Pompadour, de notoriété publique, débouchèrent sur une crise ouverte au début du mois de janvier. En remplacement de Mme de la Lande, dame d’atours de Mesdames, la marquise voulait faire désigner sa cousine la comtesse d’Estradès [55]. Ceci nous est raconté par le duc de Luynes [56] : La grande brouillerie de M. de Maurepas avec Mme de Pompadour est au sujet de la place de Mme d’Estrades. Mme de Pompadour désirait beaucoup que la place de dame d’atours de Mesdames pour Mme d’Estrades ; elle avait prié M. de Maurepas de parler à Mme de la Lande ; quelques jours après, M. de Maurepas vint lui dire que Mme de la Lande ne voulait pas absolument quitter sa place. Le lendemain Mme de la Lande vint chez Mme de Pompadour, et lui dit qu’elle n’avait de désir et de volonté que ce qui serait agréable au roi, qu’elle n’était nullement attachée à sa place, que si elle pouvait obtenir une place auprès de Mesdames pour sa future belle fille [57], elle serait très contente. Mme de Pompadour, furieuse comme on peut le croire, alla chez M. de Maurepas, et lui dit en propres termes qu’il était un menteur et  un fripon. De là vint une inimitié si grande, qu’elle disait presque hautement qu’il voulait l’empoisonner (…)

 

pompadour

Jeanne Antoinette Poisson,

Marquise de Pompadour,

intercéda probablement auprès de son royal amant pour obtenir la place de dame d’atours pour la fiancée du marquis de Gouy.

Son frère, Abel François Poisson, marquis de Marigny, était le directeur général des bâtiments du roi,

et à ce titre en rapport avec Madame de La Lande.

Nous ne savons pas établir de lien avec la première femme de chambre de la duchesse de Bourgogne,

dont descendent les O’Mahony.

 

 

Si la gouvernante des enfants de France percevait 3600 livres de gages, les sous gouvernantes n’en touchaient que 800. Cependant madame de La Lande ne pouvait se plaindre de ses gages officiels ni de la générosité du roi : son mari avait reçu 40 000 livres pour son mariage et, au moment de sa retraite, elle aurait accumulé 25 000 livres en "bienfaits du roi", comme le précise le duc de Luynes [58] : J’ai parlé du mariage de M. de Gouy et de la retraite de Madame de la Lande. J’ai appris depuis quelques détails sur cette retraite. Madame de la Lande, qui a été sous gouvernante des enfants de France, avait 13,000 livres de pension du roi. Lorsque Sa Majesté lui donna l’intendance de la garde robe de Mesdames, elle voulut bien lui donner une pension de 2,000 écus, de sorte que Madame de la Lande avait 19,000 livres de rente du roi. Lorsqu ‘elle s’est retirée, le roi lui a encore augmenté ses pensions de 6,000 livres et a donné dès ce moment, comme je l’ai dit, à sa future belle fille,la place de dame de Mesdames, vacante par le changement de Madame d’Estrades. Monsieur d’Arcy, gendre de Madame de la Lande et père de Monsieur de Gouy, avait été gentilhomme de la manche avec Monsieur d’Auxy, gendre de Madame de Villefort, autre sous-gouvernante. Après sa mort, le roi a donné cette même pension à son fils ; elle a été augmentée depuis car on m’a dit qu’il avait 7,000 francs de bienfaits du roi. Monsieur de Gouy a très bien servi ; il eut les deux cuisses percées à la malheureuse affaire de Monsieur le chevalier de Belle-Isle, et nous l’avons vu longtemps ici avec des béquilles, digne de compassion ; il espérait dans cette occasion de nouvelles marques de la bonté du roi, mais il n’eut rien alors. A l’occasion de son mariage, le roi vient de lui donner 2,000 francs de pension ; il a outre cela un logement que le roi lui donne à Paris.

 

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Jeanne Françoise de Biaudos de Castéja, dite madame de Lalande,

épouse de Jacques de Salomon, seigneur de Poulard et de La Lande,

qualifié de marquis de La Lande, (probable titre de courtoisie).

Communiquée par Jean Denis de Biaudos de Castéja

 

Lorsque madame de La Lande se retira du service du roi, la personne à qui sa place fut donnée en laissa une vacante auprès de Mesdames, et le roi eut la bonté d’annoncer à la dame de Lalande qu’il l’accordait à la femme qu’épouserait son petit fils [59]. Le choix auquel  était attaché cette faveur précieuse à toutes sortes de titres, tomba sur la demoiselle de Rivié, veuve du comte de Vérac. Le marquis de Gouy se présenta ; il fut proposé et agréé.

Elle conserva son appartement à Versailles et quand elle venait à Paris, elle séjournait dans l’appartement du Louvre dont nous avons parlé précédemment et qu’elle partageait avec la marquise de Gouy, alors au service de Madame Adélaïde.

Jeanne Françoise est morte le 13 avril 1761 à Versailles, probablement dans son appartement du château, situé dans l’attique nord du corps central, au rez-de-chaussée. Depuis 1756, et pendant quatre ans, elle y avait hébergé la marquise de Prie, veuve depuis 1751, qui n’avait pas conservé son appartement. Après la mort de sa cousine, elle habita en son hôtel de la rue des Bourdonnais à Versailles.

 

acte décès JF Biaudos s

Acte des sépultures de Notre Dame de Versailles pour l’année 1761, vues 31 et 32 sur 86.

 

L’an mil sept cent soixante un le quinze avril ; très haute et très puissante dame, madame jeanne françoise de biaudos de casteja, veuve de très haut et très puissant seigneur Jacques de Salomon de la lande, ci devant dame d’atours de mes dames de France agée de quatre vingt neuf ans environ décédée avanhier, a été inhumée par nous sous signé prêtre de la mission faisant les fonctions de curé en présence de jean joseph grès valet de chambre de M le marquis de gouy et de nicolas mazelin intendant de madame la marquise de prie et autres qui ont signé avec nous.

 

Madame de Lalande avait  eu quatre enfants : 1 fils, mort jeune, pour lequel elle reçue une lettre de condoléances de madame de Maintenon, et 3 filles : Catherine, Marguerite et Françoise Mélanie.

 

Elle avait également participé à  l’éducation de son petit neveu Louis Anne Alexandre de Biaudos [60], dit le grand marquis,  qui nous apprend dans sa notice biographique qu’il a été élevé grâce aux bons soins de la Marquise [sic] de La Lande et que la Marquise de Prie [Marie Anne Pierre de Biaudos] l’a adopté et fait sa fortune (…). L’a-t-elle élevé concrètement, ses parents l’ayant confié à leur parente ayant rang à la cour ou a-t-elle simplement financé son éducation ?

 


 

Jeanne Françoise était entre autres la nièce de

-    Jean de Biaudos, 1er  marquis de Castéja, commandeur de Saint-Louis et de Saint-Lazare, brigadier des armées du roi, gouverneur de Toul, décédé le 11 février 1718

Et la petite nièce de

-    Jean de Bédorède, dit Montolieu, capitaine du régiment Colonel, frère de la marquise de Castéja, décédé en 1692

Et la cousine germaine de

-    Jean François de Biaudos, marquis de Castéja, chevalier de Saint-Louis, maréchal des camps, colonel d’un régiment de son nom en 1702, gouverneur de Toul, décédé le 27 mai 1740

-    Charles Louis de Biaudos, comte de Castéja, chevalier de Saint-Louis,  maréchal des camps, ambassadeur en Suède, décédé le 10 mai 1755

-    Marie Anne Pierre de Biaudos, deuxième épouse du marquis de Prie, ambassadeur à la cour de Savoie et parrain de Louis XV

Et la tante de

-    Marie Françoise de Biaudos, demoiselle de Saint-Cyr (preuves du 5 avril 1712), mariée en 1730 à un Hervy du Clos

-    Françoise Mélanie de Biaudos, aussi demoiselle de Saint-Cyr, décédée en 1753

-    René François de Biaudos, gentilhomme de la chambre du roi de Pologne, marié en 1732 à la fille du baron de Rosée, le maître de forges Jacques Gabriel Jacquier, qui mourra 10 ans plus tard en son château d’Anthée et d’une Wignacourt, de cette ancienne et illustre maison de Picardie.

-    Alexandre de Biaudos, dit le chevalier de Castéja, capitaine des cuirassiers

Et la grande tante de

-    Louis-Anne de Biaudos, marquis de Castéja, qui a été élevé grâce aux bons soins, aux bienfaits et aux secours de Madame la marquise de La Lande et que la marquis de Prie a adopté et fait sa fortune.

-    Stanislas Catherine de Biaudos, comte de Castéja, né en 1738, filleul du roi de Pologne et futur colonel du Royal Comtois

Madame de La Lande descendait de Pierre de Breban, dit Clignet, Amiral de France en 1405, par sa fille Marie qui avait épousé François de Talleyrand-Grignols, premier à porter le titre de prince de Chalais, chambellan du roi Charles VI.

Elle pouvait également se prévaloir d’ancêtres prestigieux, tels les Ségur et Comborn suite au mariage en 1517 de Pierre, seigneur de Pardaillan et Marguerite, fille du vicomte de Comborn, les Montferrand et Albret, suite à l’union de Bertrand et Rose au milieu du XIVè siècle, les Gramont, Montfort, Montferrand, Mauléon et nombreuses autres familles qui ont fait la grandeur de la France.

Des alliances plus anciennes la font descendre des Plantagenet, ducs de Normandie et rois d’Angleterre, des Capet, rois de France, des comtes de Flandre et de Hainaut etc …

 

 

Sources principales :

Archives familiales communiquées par Jean-Denis de Biaudos de Casteja ;

Site de la galerie Virginie Pitchal ;

L’espace du Roi et La petite Cour de William R. Newton ;

Mémoire pour le Marquis de Gouy contre la Marquise de Gouy de Simon Nicolas Henri Linguet ;

Lettres de Madame de Maintenon ;

Etc.



[1] Jeanne Françoise de Guillerme avait été mariée en premières noces à Jacques de Fransure, seigneur de Villers-Tournelles, avec lequel elle eut François-Roger, Antoine, Jacques-Charles et Louise-Eléonore épouse de Pierre de Blottefière de la Viefville. Marie-Louise de Fransure, abbesse de Villers-Canivet en 1739, reconstruisit cette abbaye où mourut sa nièce Françoise-Mélanie de Biaudos-Castéja.

[2] Le site de Saint-Cyr retrouvera sa vocation éducatrice au travers de l’école spéciale militaire de 1808 à 1940.

Jeanne Françoise ne sera pas le seule pensionnaire de sa famille, loin de là, puisqu’on retrouvera à Saint-Cyr sa cousine germaine Françoise de Biaudos, reçue par lettres du 8 mai 1696, sa nièce Elisabeth de Bédorède Saint-Laurent (preuves du 19 janvier 1696), Elisabeth-Charlotte de Parthenay-Inval, fille de sa soeur Catherine de Biaudos (preuves du 3 mai 1701), et Elisabeth de Parthenay-Inval (preuves du 6 février 1722), sa cousine germaine Françoise, fille de Jean de Biaudos et de Marie de Midot de Villers (preuves du 8 november 1686), sa petite nièce Mélanie de Biaudos (fille d'Alexandre et de Mlle O'Corolles), sa nièce Françoise-Mélanie (preuves du 5 avril 1712), fille de Jean-François-César (sic), qui mourut religieuse à l'Abbaye de Villers-Canivet, près Lisieux, Anne de Valliers, petite fille du Maréchal de Gramont, fille de Fançoise de Biaudos et petite-fille de Laurence de Biaudos, née Suhigaray (preuves du 21 novembre 1750), Marie-Marguerite d’Antin de Saint-Pré, petite fille de Marguerite de Biaudos (preuves du 28 juin 1698). On pourra citer également des mesdemoiselles Sébastienne d'Artigues d'Osseaux (1784), Rose de Batz (1751), M.Thérèse de Capdeville (1742), Marie-Anne et Marguerite de Foix-Candale (1695), M.Josèphe et Louise de Laas de Géstède (1758 et 1776), Marguerite-Agathe de Luppé de Lamothe (1739), Catherine-Adélaïde du Moulin de Labarthète (?), M.Anne et Angélique-Alexandrine d'Oro de Léon (1695), toutes landaises et apparrentées par des liens plus ou moins éloignés.

[3] Madame de Maintenon par Jean-Paul Desprat page 331

[4] Mémoires du marquis de Sourches, tome VIII page 323

[5] "Salomon de Poullart" tel qu’inscrit sur l’acte. Il était qualifié de marquis de La Lande, probable titre de courtoisie.

[6] Ainsi nommé par d’Hozier (Ms Fs: 32 262,01.115)

[7] Le 7 selon Dangeau : M. de la Lande, écuyer de monseigneur le duc du Maine, épouse mademoiselle de Castajas, qui était auprès de madame de Maintenon ; le roi la fait femme de chambre de madame la duchesse de Bourgogne, et donne 40 000 livres à son mari sur la maison de ville. (Journal du marquis Dangeau à la date du dimanche 7 octobre 1696 à Fontainebleau, où se trouve le roi ce jour là (tome VI page 4)

[8] Ainsi qualifié dans l'acte de vente passé avec Denis en 1744 - Les Denis, une famille bourgeoise de l'Agenais du XVIIe au XVIIIe par H. Bellecombe, p 182, sur Gallica.

[9] Il faut signaler que la première femme de chambre de la duchesse était alors Madame Quentin, fille du sieur Poisson, apothicaire du corps du Roi, femme du premier valet de la Garde-Robe du Roi, ancêtre des O’Mahony par les Le Bas de Girangy puis Garnier de Falletans.

[10] Son service la faisait côtoyer la première femme de chambre de la duchesse de Bourgogne qui était depuis 1697 Mme Quentin, fille du sieur Poisson, apothicaire du corps du roi, femme du premier valet de la Garde-Robe du roi et belle-sœur du premier valet de la Chambre du roi. D’Angélique Poisson et Jean Quentin descend Marie Eugénie Garnier de Falletans, qui épousa en 1848 Arsène, comte O’Mahony, lui-même descendant de Madame de Lalande.

[11] Lettres de Madame de Maintenon, édition de Glascow, tome 1, 1756. : Lettre XXIIIe à Madame de La Lande

[12] Elle était, en effet, extrêmement belle.

Les lettres de Madame de Maintenon varient d’une édition à l’autre, par l’apparition ou la disparition de certaines phrases !

[13] Nouvelle secrétaire de Madame de Maintenon, en remplacement de Jeanne-Françoise

[14] C'est un éventail où l'on voit au naturel l'appartement de Madame de Maintenon : le roi y travaille à son bureau, Madame de Maintenon file, Madame la duchesse de Bourgogne joue, Mademoiselle d'Aubigné fait collation.
(note personnelle de Jean-Denis de Biaudos de Castéja : l'éventail a disparu!)

[15] Mémoires, page 441

[16] Il s'agit d'Anne Marie d'Orléans (1669-1728), fille de Monsieur, cousine germaine de Louis XIV, mariée en 1684 à Victor-Amédée II de Savoie, roi de Sardaigne.

[17] Philippe de La Mothe-Houdancourt, duc de Cardone, époux de Louise de Prie et père de madame de Ventadour, gouvernante des enfants de France, Charlotte de La Mothe-Houdancourt, mariée en 1671 à Louis-Charles de Lévis, duc de Ventadour, pair de France, baron de Cauna, Caupenne, Poyloault, Magesq, etc. (J. de Cauna, Cadets de Gascogne. La Maison de Marsan de Cauna. Pau, Princi Negue, 2004, II, 86).  Marie Anne de Biaudos, cousine germaine de Jeanne Françoise, avait épousé Louis de Prie (neveu de Louise).

[18] Voir Archives Départementales de la Gironde fol a5

[19] Dans le livre d’ Odile Caffin-Carcy   Marie-Madeleine Mercier, nourrice de Louis XV, ce tableau est légendé : Mme Mercier allaitant les enfants de France, par J.François de Troie [Troy]. Un doute est donc permis, bien que la femme représentée ressemble plus à Madame de la Lande qu’à Madame Mercier !

[20] Louis de France, duc de Bretagne, né le 25 juin 1704, de Marie-Adélaïde de Savoie

[21] Journal du marquis de Dangeau, Paris, t. IX, 1857, p. 469

[22] Mémoires du marquis de Sourches, Paris, t. VIII, 1888, p. 323

[23] Journal du marquis de Dangeau, Paris, t. X, 1857, p. 302

[24] Journal du marquis de Dangeau, Paris, t. XV, 1858, p. 96

[25] Marie Madeleine Mercier, nourrice de Louis XV par Odile Caffin-Carcy, page 109

[26] Journal du marquis de Dangeau, Paris, t. XV, 1858, p. 376

[27] Marie Gabrielle de la Mothe-Houdancourt, fille du maréchal de France, duc de Cardone et pair de France, vice roi et lieutenant général des armées du roi en Catalogne, était la sœur de la duchesse de Ventadour. Elle était veuve d’Henri François de Saint Nectaire, dernier duc de la Ferté Senneterre de sa branche, pair de France, lieutenant général, qu’elle avait épousé le 18 mars 1675.

[28] Marie Joseph d’Hostun, comte de Tallard puis duc d’Hostun (dit parfois duc de Tallart) et pair de France (1684-1755) héritera des biens et des titres de son père le maréchal de Tallard, duc pair et futur  membre du conseil de régence (1717) et ministre d’état (1726). Son épouse, Marie-Isabelle de Rohan est une petite fille de la duchesse de Ventadour. Son fils, Louis-Charles, épousera Victoire de Prie, fille de Louis de Prie, époux en secondes noces d’Anne de Biaudos de Castéja.

[29] Louis de Melun, 8è prince d’Epinoy, duc de Joyeuse, comte de Saint Pol, vicomte de Gand, prince du Saint Empire, pair de France depuis 1714, épousera en 1716 Armande de la Tour d’Auvergne. Il trouvera la mort en 1724 à Chantilly lors d’une partie de chasse au cours de laquelle un cerf lui asséna un coup de bois dans le ventre. Marie-Anne de Condé, dite mademoiselle de Clermont, qu’il avait épousé secrètement après son veuvage, ne put se consoler de la mort prématurée de son cher duc. La sœur de Louis de Melun épousa un petit-fils de Madame de Ventadour.

[30] Jean-Etienne Berthelot de Pléneuf (1663-1727) succéda à son père comme fermier général des poudres et salpêtres. Financier riche mais sans scrupules, il est le père de la première marquise de Prie, maîtresse du duc de Condé et pour un temps la femme la plus puissante de la cour ; le marquis de Prie, son époux, était ambassadeur auprès de la cour de Savoie et cousin de madame de Ventadour ; il se remaria en 1744 avec Marie-Anne de Biaudos de Castéja, cousine germaine de Jeanne-Françoise.

[31] Journal du marquis de Dangeau, Paris, t. XV, 1858, p. 393

[32] Journal du marquis de Dangeau, Paris, t. XV, 1858, p. 395

[33] Journal de la régence (1715-1723) de Jean Buvat,tome premier, page 252

[34] Journal du marquis de Dangeau, Paris, t. XVII, 1859, p. 33

[35] J. de Cauna, Cadets de Gascogne. La Maison de Marsan de Cauna. Pau, Princi Negue, 2004, op, cit.,III, 178

[36] Maître Linguet : Mémoire pour le marquis de Gouy contre la marquise de Gouy, 1771, page 57

[37] Mademoiselle de Montpensier portait alors le titre de Mademoiselle de Chartres

[38] Projet que firent avorter la première Marquise de Prie et son amant le duc de Bourbon. L'Infante était Marie-Anne de Bourbon (1718-1781), qui épousera finalement Joseph Ier, roi du Portugal.

[39] Marie Isabeau Gabrielle de Rohan-Soubise, dame d’honneur de la reine jusqu’en 1725. Elle suppléait sa grand-mère comme gouvernante des jumelles de Louis XV avant de la remplacer en 1735.

[40] Dans ses livres L’Espace du Roi et La Petite Cour

[41] 19.4.1761 : Le logement de Mme de La Lande, avec tout ce qui en dépend, hors de ce qui est sur le palier de M. le comte de Brionne à M. de Sinety, sous gouverneur de M. le duc de Berry.

12.5.1761 : M. de Sinety, sous gouverneur de M. le duc de Berry, prie M. le marquis de Marigny, de vouloir bien ordonner qu’on blanchisse le plafond, les lambris et les portes de l’appartement de  feu Mme de Lalande que le roi a eu la bonté de lui donner. Il n’y a pas de cuisine qui soit plus noire que sont ces appartements. M. L’Ecuyer, qui voyait Mme de Lalande peut lui en rendre compte. Il y a beaucoup d’autres réparations à faire à ce logement, mais malgré la connaissance que que le marquis de Sinety a du plaisir que le marquis de Marigny a lorsqu’il l’oblige, la situation des Bâtiments le réduit à faire cette seule demande qu’il croit de première nécessité. Il le prie seulement de permettre qu’il fasse tout le reste à ses dépens en se servant des ouvriers qu’il voudra (…)

[42] Célestin Port précise : Les deux plus jeunes sue les genoux de la sous-gouvernante, Madame de la Lande, et d’une femme de chambre. [Revue de l’Anjou janvier 1868]

[43] Madame l’abbesse reçut Mesdames à l’entrée d’une galerie proche de leur appartement, qui lui furent présentées par Madame de La Lande, sous gouvernante des enfants de France et qui l’a été du Roi.

[44] Bernard Hours, "Madame Louise princesse au Carmel", Cerf, 1987

[45] En 1749, le Mis. et la Mise. de Prie, tout en conservant apparemment Versailles,  louent à leur cousin issu de germain Gabriel-Jérosme de Bullion, Mis. de Gallardon et Cte. d'Esclimont, petit-fils de Charlotte de Prie  -et par l'intermédiaire de Jean de La Guiche, cousin lui-même du duc de Ventadour par la mère de ce dernier, Marie de La Guiche de Saint-Géran (J.de Cauna, op. cit., II, 86), et époux de la fille naturelle du Pce. de Condé, Henriette de Bourbon Condé)-  ils louent donc, et habitent, une maison rue de Vaugirard à Paris (entre les rues Féron et Pot-de-Fer).

[46] Louis IV Henri de Bourbon-Condé, chef du conseil de régence en 1715, puis premier ministre en 1723

[47] 11.9.1750 Mme de Gouye [sic, pour de Gouy] chez M. de Verneuil, pour le service de Mesdames

[48] 23.3.1753 Le logement de Mme la marquise de Bellefonds à Mme la marquise de Gouye [sic, pour de Gouy]

[49] Le 27 janvier 1760 N au Roi : Madame a dit au comte de Noailles que Mme de Gouye [sic, pour de Gouy] quittait sa place. Cet appartement jugé fort petit était composé de 3 pièces, 2 avec cheminée, et 6 entresols, 3 à cheminée.

[50] Le « Grand Carré des Offices - commun du Roi, de la Reine, de Monseigneur, de Madame la Dauphine » est édifié de 1682 à 1684 sous la direction de J. Hardouin-Mansart ; les ailes sud et est sont achevées en 1683 et les deux autres ailes en 1684. Autour de la cour intérieure se dressent quatre corps de bâtiments identiques abritant les cuisines et les tables des officiers qui servaient le roi, la reine et leurs enfants. Ces bâtiments possèdent  de nombreux étages surmontés de combles qui offraient 600 chambres.

[51] Madame Henriette (19 ans), dite Madame, et Madame Adélaïde (14 ans)

[52] Officiellement en charge de la garde robe. Elle prenait une part active à la toilette du matin en tendant les vêtements.

[53] Volume IX page 285

[54] Mémoires du marquis d’Argenson, VI, 60, rapportés par Emile Campardon dans son Madame de Pompadour el la cour de Louis XV.

[55] Louis XV et sa cour de Bernard Hours p 254

[56] Volume X page 117 (note 1)

[57] Esther de Rivié, veuve du comte de Vérac, qui épousera le 18 février suivant, en secondes noces son petit-fils le marquis de Gouy d’Arsy.

[58] Mémoires du duc de Luynes sur la cour de Louis XV, volume IX page 334, lundi 17 février 1749

[59] Louis de Gouy, marquis d’Arsy. Ce paragraphe est tiré du Mémoire pour le marquis de Gouy contre la marquise de Gouy par maître Linguet en 1771.

[60] Fils de René-François de Biaudos-Castéja, gentilhomme de la chambre du roi de Pologne Stanislas Leszcynski, et d’Henriette Jacquier de Rosée, dame d’honneur de la reine de Pologne.